La lumière au théâtre, c’est bien plus qu’un simple éclairage ou qu’un moyen de rendre un corps visible. Elle participe activement à l’écriture du spectacle. Elle influe sur la perception du temps, sur la respiration du plateau, et sur ces tensions invisibles qui circulent entre les acteurs, les matières, le vide et le public.
Mon travail de créateur lumière repose sur une recherche sensible autour de la présence scénique. Chaque projet naît d’une écoute attentive du plateau : les déplacements, les silences, les rythmes, l’épaisseur des corps, la manière dont un espace réagit à une parole ou à une musique.
Je vois la lumière comme une matière vivante. Elle peut révéler une architecture fragile, accompagner une émotion, transformer un volume ou créer un trouble dans le regard. Parfois discrète, presque imperceptible, parfois plus immersive, elle cherche toujours une relation juste avec le vivant.
Ma démarche se situe au croisement du théâtre, de la danse et des formes lyriques. Ces différents univers nourrissent une écriture où la lumière dialogue avec le mouvement, la scénographie, l’image et le son.
Des créations comme La Tempête, Horace, Bocca, Memory of a Flower ou encore Journey of Life explorent différentes manières d’habiter l’espace scénique à travers la lumière, les contrastes, les matières et les rythmes visuels.
Au fil des projets, j’accorde une attention particulière aux matières pauvres ou sensibles : tulles noirs, reflets, transparences, papiers suspendus, fumée légère, surfaces de projection instables, volumes lumineux minimaux. Ces éléments deviennent des partenaires de jeu capables de modifier la perception de l’espace sans jamais écraser la présence humaine.
Dans des projets comme Poupoule, Erik Satie, mémoire d’un amnésique ou En Pleine France, la lumière accompagne les états de présence et construit des paysages mouvants entre réel et imaginaire.
Les outils numériques occupent aussi une place importante dans mon travail, mais toujours dans une logique de sobriété et de sens. Le recours à des dispositifs interactifs, à des capteurs, à la spatialisation lumineuse ou à des systèmes temps réel ne vise pas la démonstration technologique. Il s’agit plutôt de créer des relations plus fines entre le corps, l’espace et l’image.
Certains projets comme Sourdre, La culture du Zèbre ou Technique de l’orage développent cette recherche entre scénographie sensible, lumière réactive et dispositifs immersifs.
Des projets récents comme Sourdre explorent cette approche à travers des dispositifs immersifs où la lumière réagit aux mouvements, aux vibrations et à la présence physique de l’interprète. Le plateau devient alors un organisme sensible, traversé par des flux lumineux, des ombres mouvantes et des matières instables.
Mon travail de créateur lumière cherche avant tout à accompagner le souffle du spectacle vivant : construire des espaces de perception, des seuils, des apparitions, des paysages fragiles où le regard peut circuler librement.
Cie Yaena — Théâtre Le Safran, Amiens.
Cie Wild The Donkey — Journée mondiale du théâtre, ITI / UNESCO, Beijing.
création lumière pour théâtre, danse, opéra et formes scéniques contemporaines
conception lumière · plan de feu · régie · tournée · dialogue lumière / vidéo / scénographie