Création lumière, régie plateau et manipulation à vue pour Élodie Ségui Abd El Kader / L’Organisation.
À moitié nus dans la tempête est une installation plastique et chorégraphique immersive imaginée par Élodie Ségui Abd El Kader. Le public est invité à pénétrer dans une mécanique scénographique traversée par le vent, la brume, la fumée, l’humidité, le son et la lumière. Au centre du dispositif surgit une tornade : phénomène physique, image rituelle et matière vivante.
Mon travail de création lumière s’inscrit dans cette zone mouvante, instable et atmosphérique. La lumière ne vient pas seulement éclairer l’action : elle révèle les flux, les suspensions, les masses de fumée, les vitesses d’air et les corps partiellement visibles. Elle accompagne l’apparition de la tempête, puis sa transformation en espace sensible, à la fois hypnotique, fragile et indomptable.
La création cherche une écriture non linéaire, plus proche d’un phénomène que d’une conduite classique. Les intensités, les ruptures, les vibrations et les variations de rythme composent un paysage lumineux en mouvement. La lumière devient un organisme : elle respire, accélère, se retire, revient, découpe les corps et brouille les frontières entre regardants et regardés.
En régie plateau et manipulation à vue, le travail s’appuie sur la présence concrète des machines, des ventilateurs, de la fumée et des circulations d’air. Le dispositif assume sa dimension low-tech et spectaculaire : une machinerie visible, active, presque chorégraphique, où les outils deviennent eux-mêmes partenaires de jeu.
Présenté dans le cadre de Nuit Blanche 2026, le projet déploie un rituel d’imprévisibilité autour des corps, du désir, du vivant et de la possibilité de se laisser traverser par ce qui nous entoure. La lumière, ici, participe à cette reconquête d’une présence libre : une tempête où l’espace, les corps et les éléments se mélangent jusqu’à faire vaciller la perception.